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 Je vous assure !

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Khris Anthelme
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MessageSujet: Je vous assure !   Sam 23 Juin - 7:49


Je vous assure !



Quand je dépose un vers, friande en est ma belle,
Elle a tôt fait, même à l’état désordonné,
De dévorer un verbe, ou le trait brouillonné,
« Calme-toi » Je lui dis, « ma Muse est temporelle, »
Quand je dépose un vers, friande en est ma belle.

L’oreille elle me frôle un œil cillant de l’aile
M’enivrant la pensée, et son sein couronné
Me susurre des mots le coeur déboutonné.
Son poète elle endort et sa verve musèle,
L’oreille elle me frôle un œil cillant de l’aile.

Quand tard le soir se contrarie un rédigé,
Savez-vous, je résiste et ne reste figé,
Mais elle insiste tant, que le noir écran veille
Quand tard le soir se contrarie un rédigé.

Je vous assure, il est fâcheux d’écrire ainsi,
Je ne sais ce sonnet s’il sera réussi… !
Il me faut m’allonger, ma prunelle sommeille,
Je vous assure, il est fâcheux d’écrire ainsi.


**********


Je vous assure, il est fâcheux d’écrire ainsi,
Quand l’idée est présente et que l’écrit s’enchaîne
Sereinement, la plume alerte, une fontaine
L’abreuvant, mais, savoir son poème étréci,
Je vous assure, il est fâcheux d’écrire ainsi.

Comme un pacte d’amour encombré d’un souci,
Le sort brise d’un coup votre ardeur ; là, la peine
Devient intense, avec les maux qu’un choix entraîne.
Le temps s’acharne, et chaque jour est obscurci
Comme un pacte d’amour encombré d’un souci.

La colère s’installe et le cœur est malade,
La platitude accourt sous des pleurs en cascade,
Le livre de la vie égrène ses feuillets,
La colère s’installe et le cœur est malade.

Plus rien n’a de valeur, sauf le mort qu’on enterre
D’un chagrin déguisé, pour bien faire on préfère
Un ciel de pluie où les mouchoirs sont forts mouillés,
Plus rien n’a de valeur, sauf le mort qu’on enterre.


**********


Plus rien n’a de valeur, sauf le mort qu’on enterre,
Et l’on attend son tour, et l’on tient le bon bout,
Mais le cœur est plus fort et l’on reste debout,
Seul, à boiter comme un cheval qui se déferre,
Plus rien n’a de valeur, sauf le mort qu’on enterre.

On veut crier : « Achevez-moi… ! » Mais rien à faire,
Trop profond est le vide, on vire comme un fou,
On prie, on pleure, en vain, car le monde s’en fout,
Le silence est sournois, il s’amuse à nous plaire,
On veut crier : « Achevez-moi… ! » mais rien à faire.

La solitude s’ancre et ne vous quitte plus,
N’est pas mortelle, amer simplement est son jus,
On s’y baigne, on s’y noie, un sanglot chasse l’autre,
La solitude s’ancre et ne vous quitte plus.

Comme un désert la nuit, les draps de lit sont froids
Et vous mènent encor le jour les désarrois
Quand un parfum sur l’oreiller n’est que le vôtre,
Comme un désert la nuit, les draps de lits sont froids.


**********


Comme un désert la nuit, les draps de lit sont froids,
On apprend ce qu’on perd, du cri de ses entrailles,
L’amour n’est plus, le sort vous prend dans ses cisailles,
Les rêves sont éteints, n’ont plus d’ailleurs d’endroits,
Comme un désert la nuit, les draps de lit sont froids.

Puis on vieillit, avec souvent de longs effrois
Lorsque les souvenirs resserrent leurs tenailles,
Pourtant très chers, comme le temps des épousailles… !
Oubliant les saisons, les verbes sont étroits,
Puis on vieillit, avec souvent de longs effrois.

Les membres l’on secoue ou la cervelle flanche,
On cherche une issue, un frisson tout déclenche,
Si la tête résonne on rejoint les tocards,
Les membres l’on secoue ou la cervelle flanche.

Craignant la résistance, on vous range à l’hospice,
Juste bon à flairer le sein d’une novice
Un chariot vous y traîne, on vous met aux placards,
Craignant la résistance, on vous range à l’hospice.


**********


Craignant la résistance, on vous range à l’hospice,
Puis on brade le peu de biens que vous avez
Pour vous sécher le cul ou si trop vous bavez
Tant que des bonnes gens garderont l’exercice,
Craignant la résistance, on vous range à l’hospice.

Quelques clampins viennent parfois, par sacrifice
Voir si votre destin encor vous n’entravez,
Dégueulant tous leurs maux, sans faim vous vous gavez,
Elargissant de traits imbus la cicatrice,
Quelques clampins viennent parfois, par sacrifice.

Si le temps semble long, on vous mène en bateau,
Vous disant que les vieux se lèvent bien trop tôt,
On vous remet au lit, un rond de verre en bouche,
Si le temps semble long, on vous mène en bateau.

Alors on se rendort, égarant la raison
Pour laquelle on survit, dépouillé d’horizon,
Car plus rien, même un ris de femme ne vous touche,
Alors on se rendort, égarant la raison.


**********

Alors on se rendort égarant la raison,
Puis sans l’apercevoir, le jour fatal arrive ;
Bienheureux à franchir d’un sursaut l’autre rive,
L’esprit s’envole en paix, s’en vient la guérison,
Alors on se rendort égarant la raison.

On se retrouve, où, nul ne sait, en flottaison… !
Le dôme est grand ouvert, tout un monde s’active,
Pris d’un doute on se palpe, un trident l’on esquive,
Un sage se présente, amorce une oraison,
On se retrouve, où, nul ne sait, en flottaison … !

Dans la main la moins gauche on vous glisse une plume
Et dans l’autre une feuille, un flambeau l’on allume,
On vous somme d’écrire en vers un repenti,
Dans la main la moins gauche on vous glisse une plume.

Aux traits doux et légers votre âme a le vertige… !
Les maux qui vous menaient jusqu’ici l’on rédige
Sur le fer d’une enclume, un marteau retentit,
Aux traits doux et légers votre âme a le vertige... !


**********


Aux traits doux et légers votre âme a le vertige… !
On entend une voix basse et des bruits de fond,
Un baiser vous surprend dans un sommeil profond,
Un œil s’ouvre, inquiet, se défait d’un litige,
Aux traits doux et légers votre âme a le vertige… !

« Tu dormais » me dit-elle, « un poème t’afflige ?
Aller, viens t’allonger, tes sonnets attendront,
Bientôt il fera jour, d’autres verbes viendront
Pour me parler d’amour, laisse donc ta rémige,
« Tu dormais » me dit-elle, « un poème t’afflige ? »

Vous ne pouvez savoir comme fut bon l’éveil,
Surtout lorsque l’obscur vous chatouille l’orteil ;
M’apaisant sur un sein renforcé par son souffle,
Vous ne pouvez savoir comme fut bon l’éveil !

Par où suis-je passé pour rapporter ces vers,
Aurais-je pris jadis les portes à l’envers
Pour me retrouver, là, dans cet affreux baroufle,
Par où suis-je passé pour rapporter ces vers ?


**********


Par où suis-je passé pour rapporter ces vers ?
Ai-je croisé trop de chemins semés d’embûches
Quand la trempe des cieux me remplissait les cruches,
Ou trop franchi de murs bâtis de maux divers,
Par où suis-je passé pour rapporter ces vers ?

Pourtant, sur les saisons j’ai compté mes hivers !
Je me suis tant rongé la corne des paluches
Pour m’attendrir le cœur, à pourfendre les bûches
Sous les frimas lorsque le coin part de travers.
Pourtant, sur les saisons j’ai compté mes hivers !

Pas un de plus, à moins, que l’un d’eux fut rapide,
Voire insoumis, je l’aurais vu sur une ride,
Sur ma voilure, un cheveu gris ne m’a berné !
Pas un de plus, à moins, que l’un d’eux fut rapide.

Serait-ce un vilain tour de ma muse en carence ?
Lors, rien ne justifie un tel moment d’absence
Et je ne me souviens guère avoir hiberné,
Serait-ce un vilain tour de ma muse en carence ?



**********


Serait-ce un vilain tour de ma muse en carence ?
Elle me fait tracas, me réveille les nuits
Pour me parler surtout d’amour, de ses ennuis
Pour les verbes trouver, mon manque de présence !
Serait-ce un vilain tour de ma muse en carence ?

Souvent elle me dit, « Ta plume a de la chance,
Ta douce la soutient avec de très beaux fruits,
Qui plus est, dans ton pré, ses vers sont bien fleuris,
Je l’entends, fredonner près du ru, c’est immense… ! »
Souvent elle me dit, « Ta plume a de la chance… ! »

De plus belle elle insiste, « oui, de bien doux attraits
Te fournissent encor la tiédeur de leurs traits »
Moi, pour ne la brusquer, « Mais de toi vient l’idée ».
De plus belle elle insiste, « oui de bien doux attraits ».

Puis tout bas elle ajoute, « aède, m’aimes-tu ?
J’en doute à te savoir sur ce sein dévêtu !
Je t’ai donné mon âme et tu me l’as vidée,
Puis tout bas elle ajoute, « aède, m’aimes-tu ?


**********


Puis tout bas elle ajoute, « aède, m’aimes-tu,
Sur ta feuille, dis-moi, serais-je imaginaire,
Suis-je trop vieille, inefficace à ton salaire,
Douterais-tu mon tendre ami de ma vertu ? »
Puis tout bas elle ajoute, « aède, m’aimes-tu ?

« Souviens-t’en, oui, jadis, tu n’étais qu’un fétu ! »
Je la savais jalouse à vouloir tant me plaire,
Mais à ce point, jamais… ! De verve téméraire,
Pourquoi ce mauvais vers, ce courroux impromptu ?
« Souviens-t’en, oui, jadis, tu n’étais qu’un fétu…! »

Qu’a t-elle à me blâmer, me triturer le verbe
Ainsi sur mes pensers, mon âme n’est acerbe,
Bien au contraire, elle se plait à ses côtés,
Qu’a t-elle à me blâmer, me triturer le verbe ?

Mon Dieu, que puis-je faire, à nouveau la séduire,
Ai-je le droit, crois-tu ? Je ne peux tout détruire,
Vois, sont mes sentiments joliment fagotés,
Mon Dieu, que puis-je faire, à nouveau la séduire ?


**********


Mon Dieu, que puis-je faire, à nouveau la séduire ?
« Il me semble scion t’avoir déjà perçu,
L’enclume me dit tout, serais-tu donc déçu,
Lui faudrait-il encor quelques ennuis réduire ? »
Mon Dieu, que puis-je faire, à nouveau la séduire ?

Non, surtout pas ô doux Seigneur, je ne veux nuire !
Même si Muse a tort, je n’ai de préconçu,
Je crois qu’en sa présence, est mon esprit issu,
L’amenuiser, serait aussi ne plus m’instruire,
Non, surtout pas ô doux Seigneur, je ne veux nuire !

« Ton cas est incisif et tu n’es bien savant
Poète, attends, je vérifie, elle est le vent,
On la dit fée, aime l’amour et la nature,
Ton cas est incisif et tu n’es bien savant…!

Infidèle, subtile, a de nombreux amants
De passage sur terre… ! Oh ciel, très alarmants
Sont ses gestes et faits, prends garde à l’aventure…!
Infidèle, subtile, a de nombreux amants… ! »


**********


Infidèle, subtile, a de nombreux amants… ! »
Grand Dieu j’en étais sûr, elle qui me menace,
Je m’en vais la remettre au pas, bien à sa place,
Quel culot, avec ses « M’aimes-tu, tu me mens… !
Infidèle, subtile, a de nombreux amants… ! »

Muse, où te caches-tu ? Sors, mes vers sont déments,
Tu m’as trop malmené, vieillissant ma carcasse,
Courage, montre-toi, viens me parler en face,
J’ai bien failli te croire, affublé de tourments,
Muse, où te caches-tu ? Sors, mes vers sont déments…!

Croqueuse de poète, est mon ire trop tendre,
Aurais-tu peur, aller, viens d’un mot te défendre,
Sinon je fais appel à l’enclume des cieux,
Croqueuse de poète, est mon ire trop tendre !

J’ai vu l’heure dernière en de cruels hospices,
Par chance, ma colombe à bien meilleurs sévices
Pour te contrecarrer et me rouvrir les yeux !
J’ai vu l’heure dernière en de cruels hospices !


**********

J’ai vu l’heure dernière en de cruels hospices… !
« Ton vers desserre un peu poète, je perds pied,
Mon souffle s’affaiblit, mon verbe est inquiet,
Vite, ôte-moi de cette enclume et ses supplices… !
J’ai vu l’heure dernière en de cruels hospices… !

Ah, tu fais moins la fière, éludés tes services…!
L’on s’en passe, fini d’attendre à supplier
Que Muse veuille bien son talent déplier
Afin d’instruire au cours du soir quelques novices,
Ah, tu fais moins la fière, éludés tes services… !

« Aède je t’en prie, elle va me matir,
Non, je ne viendrais plus jamais te décatir,
Dépêche-toi, je le promets, je te le jure,
Aède je t’en prie, elle va me matir ! »

Promettre te va bien, cesse donc voix du vent,
Chose légère, autant que plume soulevant,
Je ne me fie à toi, mais à mon écriture,
Promettre te va bien, cesse donc voix du vent !


**********


Promettre te va bien, cesse donc voix du vent…!
Depuis la nuit des temps poète, je survole
Vos raisons pour que nul attribut ne somnole
Dans l’encrier, ne soit muet même en rêvant,
Promettre te va bien, cesse donc voix du vent…!

Tu devrais me bénir plutôt de ton vivant,
Au lieu de remuer terre et ciel, la coupole
Déborde et les tombeaux n’ont plus le monopole,
Sot, survivre crois-tu de tes vers t’abreuvant,
Tu devrais me bénir plutôt de ton vivant…!

Oui, je ne suis qu’un souffle, un nuage, une vague,
Mais pense, que sans moi ton verbe serait vague,
Noyé dans une idée insensible et sans fond,
Oui, je ne suis qu’un souffle, un nuage, une vague… !

Je le vois cependant quand un pleur te rend sombre,
Je suis là, dans ton coeur lorsque ton esprit sombre,
Ta plume dans son jus se baigne et se morfond,
Je le vois cependant quand un pleur te rend sombre… !


**********

Je le vois cependant quand un pleur te rend sombre… !
Muse, je me méfie, oserais-tu noircir
A nouveau mon soleil au lieu de l’adoucir ?
Non mon cher, ce n’est-moi cette fois qui t’obombre,
Je le vois cependant quand un pleur te rend sombre… !

Le monde tu voudrais refaire sans pénombre,
Mais résistent les maux pour encor l’obscurcir,
Même moi je ne peux l’univers éclaircir,
Reviennent les langueurs du soir en trop grand nombre,
Le monde tu voudrais refaire sans pénombre…!

Voilà pourquoi je suis absente bien souvent,
T’être fidèle, ai-je le choix ? Enjolivant
Ici, pestant là-bas, mes heures sont comptées,
Voilà pourquoi je suis absente bien souvent… !

Pardonne-moi si je voyage avec le vent,
Je feuillette les rus quelques vers prélevant
Afin d’éteindre en vol les peines remontées,
Pardonne-moi si je voyage avec le vent…!



**********


Khris Anthelme juin 2012









Dernière édition par Khris Anthelme le Dim 4 Nov - 15:14, édité 15 fois
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stellamaris
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MessageSujet: Re: Je vous assure !   Sam 23 Juin - 11:33

C'est superbe de les voir ainsi réunis, Khris ! Toute mon amitié.


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Khris Anthelme
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MessageSujet: Re: Je vous assure !   Sam 23 Juin - 15:49

Merci infiniment cher ami,

Amicalement
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MessageSujet: Re: Je vous assure !   Sam 23 Juin - 16:37

Une superbe réalisation qui mérite d'être lue et relue
tant les vers sont vrais.

Amitié

Patrick
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Khris Anthelme
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MessageSujet: Re: Je vous assure !   Sam 23 Juin - 21:47

Merci infiniment Patrick,

Amicalement
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Marleen

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MessageSujet: Re: Je vous assure !   Sam 23 Juin - 23:53

:lol: Khris une série vraiment admirable en tout point.
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Khris Anthelme
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MessageSujet: Re: Je vous assure !   Dim 24 Juin - 9:27

Merci de tout coeur Marleen,

Bises
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MessageSujet: Re: Je vous assure !   

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