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 Rondinets redoublés

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Khris Anthelme
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Masculin Nombre de messages : 7546
Age : 65
Date d'inscription : 06/12/2009

MessageSujet: Rondinets redoublés   Dim 16 Mai - 13:39


Humanité




Sans garantie est notre humanité,
Car depuis que l’humain est né sur terre,
De trois futilités s’est fait la guerre
En égarant toute sérénité.
Et chaque fois, il a maudit sa mère
Oubliant qu’il perdait sa dignité,
Sans garantie !

Ne creusant qu’un tombeau de son calvaire,
Sans l’amour chu de sa maternité,
A se bannir de son éternité
En l’implorant d’une fuyante prière,
Sans garantie !

Un rien, suffit à sa pérennité
Afin de rompre à temps cette colère
Au peu d’instant qu’elle nous réverbère,
Pour s’emparer d’une opportunité,
Sans garantie !

Pour étancher ce long flot de misère,
Ce bain de sang versé par cécité,
A faire frissonner l’atrocité
Endeuillant son humeur sédimentaire.
Un mot, un seul, tinte sa vérité,
« Paix » Seul pouvoir illustre et salutaire,
Sans garantie !


Écho poétique


Ma raison d’être en ce bel univers
Est de suivre une vie emblématique,
Distant du bruit caustique
Et de ces chants qui salissent les chairs
D’un sang moins poétique,
Même si quelquefois, je crains mes vers,
Ma raison d’être !

Mais, si ma peur demeure chimérique,
Ma pensée achève encor ses travers
Au froid de mes hivers,
Pour rétablir d’un rêve chaotique
Ma raison d’être !

Au regard de ces fruits aux goûts divers,
Mon beau jardin est plus sûr qu’édénique
Et sans leurre cynique,
Pour préserver, loin du seuil des revers,
Ma raison d’être !

Mon écho retentit, ou ne s’explique
Que par l’image ôtée à son obvers
Des relents trop amers
De ce monde cruel et satanique,
Fourbe, issu des enfers.
Et nullement, mon âme ne critique
Ma raison d’être !

Palingénésie



Chante ô printemps, illumine ton champ
D’un arbre en fleurs, d’herbe fraîche l’alpage.
Rends au pinson, à l’oiseau de passage
Son sonore et doux chant.
Ravive ton ruisseau de son adage
Au long sanglot fuyant,
Chante ô printemps !

Entends, vois, sens, respirer ton bocage
Dès ton aurore, aux rais s’acoquinant,
Pour réchauffer d’un hiver accablant
Son frêle et sec branchage,
Chante ô printemps !

Et verse encor ta rosée effleurant
Comme une larme amène un court feuillage
Qui pointe un oeil libéré de sa cage
Au rejet bouillonnant,
Afin qu’il se délecte à ton breuvage,
Cette onde l’animant,
Chante ô printemps !

Vibre ô saison, de ta rumeur peignant
Le ciel, la terre et le front de notre âge,
Etonne encore, armé d’un camouflage
Sage et bouleversant,
Chante ô printemps !

Murmure


De ce tombeau creusé dans son chemin,
Qu’a-t-il fait de son rêve ? Une aventure
A se chercher un coin de bon augure
Dans ce monde aigrefin,
L’âme droite évitant toute courbure
Pour apaiser le sein
De ce tombeau !

C’était sa vie ! Une vile morsure
Incrustée à la stèle, à son chagrin
Qu’accompagnait un son de glas d’airain
Annonçant la mesure
De ce tombeau !

Aurait-il préféré, voir son dessein
Se transformer au gré de sa voilure ?
En caressant les mots dans l’écriture,
Et trouver un jardin
Le recouvrant d’une solide armure
Pour parer son destin
De ce tombeau !

Alors parfois, sa plume au long murmure
Lui griffonne un soupir au doux venin
Pour clamer une rime à son dizain,
Chuchotant la gravure
De ce tombeau !


Tempo



Dans une fugue au gai chant d’un ruisseau
Son logis se fond en flanc de colline.
Une fenêtre se dessine
Peinte par les rais se couchant sur l’eau
Et les fleurs d’une opulente glycine
Qui l’enserre ainsi qu’un arceau
Dans une fugue.

Elle transporte au temps sa loi divine
Tout en songeant sous un vert arbrisseau
A son avenir, ce tableau,
Qui se soulève à sa vue et chemine
Dans une fugue.

Elle se pare au concert du moineau,
Au doux reflet de la rose aubépine
Lui donnant l’allure coquine,
Dès que le soir amène à son coteau
L’ombre d’un grand rêve qui la câline
Frôlant d’un doigt son piano
Dans une fugue.

La belle, panse une âme qui la mine,
L’œil tout embué, ce qui le rend beau
D’espoir, écoutant ce tempo
Que le destin tant espiègle illumine
Dans une fugue !


Marchand de fumée


La misère est un arbre incisif et puissant
Qui se fraye une large et profonde racine,
Tant, que le monde en pleure, et se courbe l’échine
Devant tout ce marasme opulent et blessant,
Qui le tarit, le broie, et son cœur se calcine
Dans l’ardeur d’un enfer, dans un brasier pissant
La misère !

A l’instant où j’écris, cruelle, elle domine
Encore, avec son grand mépris envahissant,
Pour mieux parachever son oeuvre en se gaussant
Du futur de l’humain, de la terre, où culmine
La misère !

Torturant à jamais son siècle, assombrissant
Cet honneur incertain, du sourd qui s’acoquine
Au bon malheur de l’autre, au vent qu’il dissémine
Pour se remplir en vain la tombe, alourdissant
La misère !

Alors qu’il suffirait, de ce mal qui lancine,
Lui soutirer sa sève au fumet courrouçant,
Puis sa souche extirper de ce globe croissant
Du profit d’une plaie ouverte à la vermine,
Au marchand de fumée, à ce suceur de sang
Qui trace sa fortune au sort, pour que s’obstine
La misère !


Terra nova



A son début, était brillant le monde
Autant et sinon plus, que l’âme humaine
Exemptée en son temps de vile haine,
Preste à saisir cette beauté profonde,
Ses lois et ses secrets, parfois sa peine.
Pourquoi l’homme a trahi la beauté ronde
A son début ?

Comme un château qu’une ruine malmène,
Ne reste qu’un débris las qui s’exonde.
Ce sot doit l’aimer mieux pour que ne gronde
Sa liberté, car l’accord se gangrène
A son début !

Et l’aider de son cœur, pour qu’il réponde
Suivant son grand génie, ou qu’il s’entraîne
A rétablir d’une raison plus saine
Cette création belle et féconde
A son début !

Cette nature entière et souveraine
Que l’on ne perçoit plus qu’à travers l’onde,
Les arts, la poésie où notre osmonde
Demeure le témoin chu de sa graine
Dans un effort floral, qui la seconde
En différents degrés comme une plaine
A son début !


Dernière édition par khris le Jeu 10 Juin - 16:54, édité 2 fois
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Maria-Dolores
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MessageSujet: Re: Rondinets redoublés   Mar 18 Mai - 20:22

Ils sont magnifiques mais je dois chercher le mot "palingénésie", bien j'ai trouvé un mot qui enrichit mon vocabulaire, merci. ...

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je te souhaite une excellente journée,Invité !

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Khris Anthelme
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MessageSujet: Re: Rondinets redoublés   Mer 19 Mai - 20:11

Merci Maria d'être passée me lire,

Bises
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